Les œufs fécondés sont bien meilleurs

Un œuf fécondé, au-delà de toute autre considération, est obligatoirement issu d’un petit élevage familial de proximité. Il a, par conséquent, été pondu par une poule vivant en liberté et, fatalement, est de meilleure qualité. Certes, peu d’études ont été faites sur les avantages respectifs des œufs fertilisés ou non.

Néanmoins, deux recherches effectuées en 1996 et en 1997 par les universités des états de Washington et d’Oklahoma montrent que la testostérone, différentes pro-hormones et l’hormone de croissance IGF-1, que l’on trouve dans l’œuf fertilisé et non dans le stérile, affectent le taux de croissance et le niveau d’agressivité des poussins. D’autres études mettent en valeur le contenu stéroïdien des œufs fertilisés, c’est-à-dire des composants aidant à la croissance par la semence du coq.

Bien qu’elles ne traitent pas spécialement des œufs de poules, de nombreuses études comparatives ont été faites sur des oiseaux en cage et en liberté. Elles ont abouti à la même conclusion : une alimentation et un environnement naturels entraînent la formation de plus grandes quantités de stéroïdes ainsi que d’aminoacides et de graisses de meilleure qualité et facilitent la naissance d’oiseaux plus vigoureux.

On a peine à croire qu’il n’existerait pas de différence entre une poule stérile encagée et une poule fertilisée vivant en plein air. De nombreux spécialistes ont observé que la chute de la fertilité est la première conséquence chez la poule en mauvais état sanitaire ou dans un mauvais environnement. D’ailleurs, il est reconnu que les œufs de poules en batterie contiennent peu d’omégas3 et sont victimes de déséquilibres hormonaux importants qui, bien entendu, sont répercutés directement sur la qualité des œufs. Au moins, l’œuf fécondé signifie-t-il que la poule se sent bien, ce qu’observent d’ailleurs de nombreux utilisateurs qui lui trouvent bien meilleur goût.

Ne nous laissons pas prendre au piège des « œufs fermiers », tels qu’inscrit sur les boîtes d’emballage industrielles de la grande distribution, qui n’ont strictement rien de « fermier ». S’ils l’étaient, de toute façon, si ces poules couraient, comme on le raconte, avec le coq au milieu, leur vente serait interdite par la loi. Il s’agit donc d’une pure mystification commerciale. Il n’y a pas, en effet, de coqs dans ces lieux. Lorsque même les poussins éclosent et qu’on a besoin des seules femelles pour pondre et parce que leur sélection n’a pu être faite dans l’œuf, on effectue ce qu’on appelle le sexage, une opération réalisée par un sexeur qui est en général, même au fin fond de la Gascogne, un Japonais, parce que, paraît-il, les Nippons possèdent un don spécial pour effectuer le travail en une fraction de seconde. Selon les circonstances, il se débarrasse du poussin mâle, entassé ou asphyxié dans un sac en plastique ou dans un broyeur. A l’inverse, dans les usines à chapon, en juillet, ce sont les femelles dont on n’a pas besoin qui subissent le même sort. Il faut qu’on le sache quand on mange un œuf ou un chapon.

Extrait de la revue 2961 de Rivarol

Envoyé par Mr De Smet J.-F. de Beersel

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