LA BASSETTE
Par Philippe Streel, juge officiel

Origine

Fin 19ème, début 20ème siècle, une poule naine, aux caractères variés et variables, peuplait de nombreuses fermes de la région liégeoise, du sud du Limbourg et même de la Hesbaye. W. Collier déclare qu’un certain Mr Peetermans, juge avicole belge, lui a dit se souvenir de Bassettes  Liégeoises qu’il  jugea en 1893 lors d’une exposition de l’Union avicole de Liège. Elle était  également utilisée pour couver et élever des faisans et autres perdreaux.

Avant la première guerre mondiale, les Bassettes furent présentées dans plusieurs expositions. Le catalogue de l’exposition du palais du Cinquantenaire  des 13, 14 et 15 novembre 1909 en atteste. A cette époque, il n’y   avait pas encore de standard. En 1914, W. Collier entreprit une sélection pour améliorer ses qualités utilitaires et en 1917, le Club de la Poule Bassette se fonde à Bruxelles. De nombreux sujets, dans différents coloris, sont alors exposés mais sans standard, sans homogénéité dans ces sujets.

En 1927, W. Collier opère une seconde sélection pour augmenter la taille et la masse et obtenir ainsi une demi naine et, en décembre 1930, R. Delin, F. Van Hout et W. Collier élaborent un projet de standard qui sera approuvé par la F.N.S.A.F. en 1932. Il sera révisé en 1957 et ce sous la dénomination de Bassette Liégeoise.

Le 25 mai 1963, le congrès des juges à Tongres fixe le poids du coq adulte à 1000 g et de la poule adulte à 900 g. Quelques petites corrections et annotations sont apportées par Armand Dognaux, fin des années 1990, pour arriver finalement au standard actuel de 2006.

Bassette ou Bassette liégeoise ?

Cette question a toujours été une polémique, sans aucune preuve au fait, mais avec beaucoup de confusions et d’aberrations. En 1932, c’est une Bassette, en 1957, une Bassette liégeoise ! Dans les années 1970, Etienne Brandt tente de trouver un modus vivendi entre les 2 protagonistes mais parle de la possibilité de faire…2 Bassettes ! A. Moureaux parle de Bassette ou Courte-Pattes et, à un moment donné, le club de la Poule Bassette parle de la nommer Bassette Mi-naine.

Certains affirment qu’elle provient de Liège, d’autres attestent que les exposants étaient de Bruxelles. C’est une histoire sans fin. En conclusion, l’opuscule de Michel Lambiotte, paru en 1985 et assez fouillé, apporte, selon moi, une réponse logique : la Bassette liégeoise ou pas a été exposée avant 1914, mais sans standard. W. Collier, habitant de Bruxelles, entreprit, dans l’entre deux guerres, une sélection pour améliorer  sa taille et sa masse. La Bassette de nos jours est donc celle sélectionnée par Mr Collier. Elevée au sein du club de la Poule Bassette, elle fut ensuite répandue partout. La dénomination « Liégeoise » est donc à retirer du nom de la race.

Etude de rendement

En 1996, dans un souci de relancer des races indigènes anciennes dans le circuit économique, l’Office de Promotion du Petit Elevage Wallon fait effectuer une étude pour la production de  Bassette « poulet de chair ». Ce fut un échec. Par rapport aux poulets de rendement traditionnel comme le « JA », il y avait une plus grande consommation d’aliments, un rendement médiocre à  l’abattage et un faible poids des carcasses. Néanmoins, un seul élément était positif et non des  moindres : la rusticité. Le taux de mortalité fut excessivement faible, voir nul. La préconiser en tant que race familiale, comme Collier ou Marcq et Lahaye, dans leur traité d’aviculture respectif fut donc une idée fondée et excellente. De plus, trois œufs de Bassette équivalent à 2 œufs de grande race pour une consommation de 1/3 de nourriture.

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