Vous n’avez certainement jamais constaté un pigeon transpirant. C’est normal puisqu’il ne possède ni glandes sudoripares, ni glandes sébacées dans la peau. La transpiration ne mouille donc jamais son plumage comme elle détrempe notre chemise lorsque nous effectuons un travail manuel conséquent en plein été.

Or, la transpiration est un des mécanismes physiologiques qui permet à l’organisme de maintenir sa température corporelle constante.
Donc, s’il fait chaud ou si nous produisons un effort important, la température interne de notre corps augmente quelque peu et, pour éliminer cet excès d’énergie, nous transpirons. Chez le pigeon, il n’y a donc pas de transpiration corporelle au sens où nous l’entendons mais, lorsque sa température interne augmente, l’excès d’énergie se dissipe grâce à d’autres processus physiologiques.

L’évaporation se fait un peu par la peau mais surtout par la respiration qui reste cependant normale : l’air expiré renfermant de l’eau et de l’énergie.
Au niveau de la peau, puisqu’il n’
y a pas de glandes, l’évaporation et l’élimination excédentaire se font par conduction, convection et circulation sanguine. Dans la conduction, ce sont les tissus qui conduisent la chaleur, donc l’énergie, la chaleur passant des organes centraux vers les tissus périphériques. Dans la convection, c’est le courant sanguin qui transporte l’énergie excédentaire du cœur vers la peau via les différents organes. La circulation sanguine intervient de manière assez spectaculaire au niveau des ailes et des pattes, elles sont chaudes parce qu’elles sont irriguées par le sang artériel chaud provenant de l’intérieur du corps de l’oiseau. La température corporelle normale du pigeon est de plus ou moins 41°C.
Il est donc normal que vous sentiez cette chaleur puisqu’il y a un peu plus de 4°C de différence avec notre propre température. Les pattes, irriguées par le sang artériel, peuvent donc libérer une grande quantité de chaleur. Le sang veineux retournant vers l’intérieur du corps a d’ailleurs une température inférieure à celle du sang artériel. Ce mécanisme sang artériel chaud, sang veineux plus froid se retrouve bien évidemment au niveau des ailes.

En plus de tout ce qui précède, si le pigeon a très chaud, il augmente sa fréquence respiratoire, c’est-à-dire qu’il respire beaucoup plus vite. Il augmentera donc le nombre d’inspirations et d’expirations par unité de temps sans toutefois modifier beaucoup le volume d’air inspiré (plus ou moins 5ml) à chaque cycle respiratoire.

En plus, le pigeon a la particularité de pouvoir « glousser ». Il fait vibrer une zone bien circonscrite du plancher de sa cavité buccale appelée « gular aréa » qui est très richement vascularisée. Cette zone très souple ne demande que très peu d’énergie pour s’activer et permet donc d’augmenter de façon significative la déperdition calorique quand la situation l’exige.