Incontestablement, la santé et le rendement des volailles dépendent du régime alimentaire dans lequel doit nécessairement entrer la verdure. Elle est d’ailleurs utile à tous les âges. Si les sujets adultes en ont un impérieux besoin, les jeunes oiseaux en réclament également tous les jours afin de pouvoir se développer harmonieusement.

Si les aliments verts contiennent beaucoup d’eau, ils renferment également des protéines, des hydrocarbures et des matières minérales sans oublier les vitamines. Toutefois, la richesse alimentaire des végétaux est la plus élevée dans les brins d’herbe courts et encore verts, d’àu l’importance de mettre à la disposition des volailles un bon parcours herbeux. Quand elles disposent d’une prairie dont l’étendue est proportionnée à leur nombre, les distributions supplémentaires de verdure deviennent inutiles, à la condition cependant que l’herbe reste courte. En effet, s’il n’y a plus, dans le pré, que des tiges longues et presque sèches, elles ne seront plus du tout intéressantes. A ce moment, il importera absolument de couper l’herbe vieille afin de la rajeunir.

En ce qui concerne les vitamines contenues dans la bonne herbe de la prairie ainsi que dans les différentes verdures qui se trouvent à la disposition des éleveurs, elles seront indispensables à la croissance et au rendement des volailles desquelles sont attendues des performances toujours supérieures, que ce soit au point de vue de la chair ou de la ponte.

La vitamine A constitue par excellence la vitamine de croissance tout en étant anti- infectieuse. Elle se recommande donc particulièrement car la verdure, qui en contient, assure et régularise le phénomène de la croissance, en formant un obstacle aux différentes maladies infectieuses qui, journellement, guettent les volailles.

L’action de la vitamine B est antinévritique. En conséquence, les volailles qui n’en trouvent pas dans leur nourriture présentent des signes de paralysie.

Qui ne connaît le rôle antiscorbutique de la vitamine C qui existe dans de nombreux fruits mais également dans la verdure. Il n’est évidemment pas possible de nourrir les volailles avec des fruits mais, si elles pâturent une prairie plantée de quelques arbres fruitiers, elles auront l’occasion de se délecter de fruits tombés tout en profitant de l’herbe.

L’action antirachitique de la vitamine D est aussi bien connue. Elle interviendra donc essentiellement chez les jeunes animaux puisqu’elle provoque la calcification des os. Son rôle devient même considérable chez les poussins nés dans les incubateurs et élevés artificiellement. Par contre, ceux qui sont emmenés par la poule sont nettement moins sujets aux déformations osseuses. L’huile de foie de morue représente la principale source de vitamine D ; les légumes et la verdure du jardin en contiennent aussi mais en plus faible quantité. Un excellent remède contre le rachitisme est de placer les volailles sur un parcours ensoleillé.

Quant à la vitamine E, elle intervient dans la reproduction. A cause d’un hiver rigoureux ou d’une couche de neige tardive, si les poules et le coq ne trouvent pas de pointes d’herbe dans la prairie au printemps, il s’ensuit une diminution de la fécondation des œufs. La farine de luzerne renferme de la vitamine E.

Certes, quand les volailles séjournent sur une bonne prairie en profitant d’une grande liberté, elles manifestent rarement une carence en vitamines. Néanmoins, durant l’automne et l’hiver, l’éleveur veillera à pallier le manque d’herbes tendres par des distributions abondantes de verdure. Le problème se résout facilement lorsque des cultures légumières occupent le potager.